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	<title>Archives des Jeu vidéo - Mes mots</title>
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	<description>Le blog de Nemo</description>
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	<title>Archives des Jeu vidéo - Mes mots</title>
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		<title>« A Space for the Unbound », un jeu et un nous à part.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nemo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Mar 2024 10:40:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jeu vidéo]]></category>
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<p>L’article <a href="https://nemotaku.com/2024/03/23/a-space-for-the-unbound-un-jeu-et-un-nous-a-part/">« A Space for the Unbound », un jeu et un nous à part.</a> est apparu en premier sur <a href="https://nemotaku.com">Mes mots</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-1024x576.png" alt="Illustration officielle du jeu &quot;A Space for the Unbound&quot;" class="wp-image-257" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-1024x576.png 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-300x169.png 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-768x432.png 768w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-1536x864.png 1536w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2048x1152.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Illustration officielle</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Au tout début nous sommes quasiment à la fin d&rsquo;un conte. </h2>



<p>L&rsquo;histoire de « A Space for the Unbound » est celle d&rsquo;une princesse du Sud qui lègue son dernier miracle à un chat solitaire sur une planète abandonnée. Notre noble héroïne se meurt et, quoi de plus logique en ce monde, le matou prend la parole pour pleurer son départ et promettre d&rsquo;honorer sa mémoire. Scène touchante d&rsquo;un félin envers l&rsquo;autre. La suite ? La plume n&rsquo;en sait rien. Zoom arrière. <strong>Premier changement de plan.</strong> Nous sommes à présent avec une jeune écolière nommée Nirmala qui a arrêté son crayon. Elle ne sait pas encore les évènements qui concluront les aventures de sa princesse en disparition dans son univers imaginaire.</p>



<p>Quant à la personne qui tient la manette, qui est-elle ? Eh bien, nous sommes un adolescent appelé Atma qui, pour des raisons que nous ignorons encore, est devenu ami avec Nirmala et l&rsquo;encourage à continuer à écrire son histoire. Très vite, une autre tragédie se joue et voilà que notre avatar se réveille assis à un bureau et portant uniforme de lycéen. Face à nous se trouve Raya, une camarade de classe qui ne semble pas trop comprendre le brouillard qui entoure la mémoire et l&rsquo;attitude dépassée de son petit ami. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-3-1024x576.png" alt="Illustration du gameplay du jeu &quot;A Space for the Unbound&quot;" class="wp-image-260" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-3-1024x576.png 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-3-300x169.png 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-3-768x432.png 768w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-3.png 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Chats !</figcaption></figure>



<p>Ah oui, parce que nous sommes son petit ami en fait. Tout se précipite. Pas le temps pour Atma de penser à Nirmala ou de se demander si nous sommes devant une nouvelle « réalité « ou la réelle fin du rêve ? L&rsquo;enthousiasme de jeunesse de Raya s&rsquo;agite trop pour lui laisser le temps d&rsquo;émerger. La vie et surtout ses petits moments d&rsquo;amours débutants n&rsquo;attendront pas. En tout cas, elle n&rsquo;attendra pas. Il y a des profs à narguer, une bucket list à écrire, des films à voir, des chats à caresser et<strong> tant de choses à collectionner et imaginer quand on a 17 ans</strong>. Mais là aussi très vite la réalité va se brouiller et le voyage d&rsquo;Atma entre les mondes ne fait que commencer. On n&rsquo;en dira pas plus tant cette histoire vaut la découverte intérieure.</p>



<p>Éloignons-nous donc pour un temps et intéressons-nous à la réalisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Petit bijou d&rsquo;ingéniosité</h2>



<p><strong> </strong>« A Space for the Unbound » est un jeu à l’esthétique familière pour quiconque s&rsquo;est déjà aventuré sur des terres d&rsquo;histoires lycéennes japonaises et ce même s&rsquo;il a été développé et se déroule en Indonésie. Artistiquement, le pixel art et les dessins se distinguent surtout par le travail impressionnant accompli sur les décors. Le jeu enchaîne ainsi une multitude de tableaux et d&rsquo;univers intérieurs qui font partie intégrante de la narration et qui sont pour une grande part dans sa réussite. On soulignera également l&rsquo;énergie dépensée pour produire des animations de qualité et une bande originale très travaillée qui accompagnent aussi bien le côté vivant de l&rsquo;ensemble qu&rsquo;elles s&rsquo;imposent comme des vecteurs d&rsquo;émotion puissants.</p>



<p>Dispositif interactif par essence, <strong>le jeu vidéo est un matériel réticent dès lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;y inclure une narration au premier plan. Cependant, Mojiken Studio a relevé ce défi haut la main</strong> sans jamais se transformer en pur visual novel. Tout ici n&rsquo;est qu&rsquo;histoires certes, mais le gameplay est bel et bien là et rien n&rsquo;est laissé à l&rsquo;écart pour vous impliquer. Dialogues soignés, mini jeux qui agissent comme des petits bonbons, quêtes secondaires habilement intégrées, jouabilité simple et accessible à tout le monde, énigmes qui n&rsquo;agissent que rarement comme des freins, lores amusants de personnages secondaires, références, 4ème mur et humour.  </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2-1024x576.png" alt="Illustration officielle du jeu &quot;A Space for the Unbound&quot; : Atma et Raya sont assis au cinéma." class="wp-image-259" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2-1024x576.png 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2-300x169.png 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2-768x432.png 768w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2-1536x864.png 1536w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2024/03/image-2.png 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le jeu étant orientée narration, je vous conseille donc de parcourir cette histoire <br>depuis un fauteuil confortable avec la Switch ou le Steam Deck en main.&nbsp;&nbsp;</figcaption></figure>



<p>Comme un film qui construit habilement ses séquences, <strong>« A Space for the Unbound » se nourrit de tous les dispositifs qu&rsquo;il construit patiemment pour créer sa propre griffe</strong>. (D&rsquo;ailleurs en parlant de ça, vous ai-je dit qu&rsquo;on peut caresser tous les chats qu&rsquo;on croise ? Meilleur jeu du monde !). Bref, c&rsquo;est impressionnant d&rsquo;habilité. </p>



<p>Et devinez quoi. Ça marche ! Ça marque ! </p>



<p>Cependant, tout ce dispositif ne serait pas aussi remarquable si « A Space for the Unbound »ne disposait pas d&rsquo;un scénario à sa hauteur. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un souvenir marquant pour les années à venir.</h2>



<p>Et de ce côté-là, la réussite est totale puisque l&rsquo;habileté est là aussi au rendez-vous et la puissance émotionnelle qu&rsquo;il dégage est impressionnante. On pourra lui trouver des passages un peu plus creux, notamment à cause de son gameplay qui multiplie un peu trop les écarts ralentissant le rythme pour son propre bien, mais le chapitre conclusif emporte tout sur son passage et atteint un sommet qui impose la comparaison avec les plus grands films d&rsquo;animation japonaise. </p>



<p><strong>Il y a du Makoto Shinkai, il y a du Mamoru Hosoda dans cette petite boîte</strong> et votre serviteur n&rsquo;a pas retenu ses larmes à la vue du générique de fin en se disant que j&rsquo;aurais tellement eu besoin de ça il y a 20 ans quand j&rsquo;en avais moi aussi 17. Je ne saurais donc que trop vous conseiller « A Space for the Unbound » pour vous ou pour l&rsquo;offrir à une personne qui se sent perdue ou un peu à part. <strong>Ce jeu lui veut sincèrement du bien.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="A Wish for the Unbound" width="800" height="600" src="https://www.youtube.com/embed/suWWXqknDBo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">La meilleure musique du jeu.</figcaption></figure>



<p>A l&rsquo;heure de conclure, que retenir de ce petit bijou ? Son ton juste, son grain artistique constant, ses animations au poil, ses décors marquants, son gameplay qui ne perdra personne, son enchaînement de petites séquences émouvantes, sa musique impactante, la construction inlassable et ultra travaillée de sa narration et <strong>cette apothéose finale qui vient conclure le tout avec maestria</strong>. Avec tout ça, on oublie alors tous les petits cailloux qui se sont mis sur la voie : ces aller-retour incessants, ces répétitions un peu trop bavardes, cette impossibilité de lancer un New Game + pour finir tous les objectifs et ces rares moments où on l&rsquo;a un peu trop vu venir.</p>



<p><strong>Tout cela oui n&rsquo;est que peu de chose face à la puissance de l’œuvre, au talent artistique immense et à l&rsquo;ingéniosité remarquable de ses créateur-rice-s qui livrent une expérience, aux contours parfois lourds et tragiques, mais surtout profondément humaine et portée par un message d&rsquo;optimisme et de compassion. Si l&rsquo;on se croise dans 10 ans, soyez certain-e que je vous parlerais encore avec nostalgie et passion de cet espace vidéoludique à part. </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">A noter.</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Pour celles et ceux à qui cela ferait peur, sachez que le jeu a été intégralement traduit en français que ce soit, y compris sur Switch malgré ce qu&rsquo;en dit le site de Nintendo.</li>



<li>La playlist du jeu est disponible sur <a href="https://open.spotify.com/intl-fr/album/2l4L12zMeG1jCJzw5W9X0i?si=sXX7PV7ET3SrU7v0XNKqHw">Spotify </a>et <a href="https://www.youtube.com/channel/UCHdK2mPgLfSd7uPOgpiFY2w">YouTube</a>.</li>



<li>On peut vraiment caresser tous les chats !!! </li>
</ul>



<p><br></p>
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		<item>
		<title>[Version ChatGPT] Jusant : Un chef-d’œuvre suspendu entre originalités poétiques et imperfections techniques</title>
		<link>https://nemotaku.com/2023/12/17/version-chatgpt-jusant-un-chef-doeuvre-suspendu-entre-originalites-poetiques-et-imperfections-techniques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nemo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Dec 2023 20:43:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jeu vidéo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce billet est une expérience. J&#8217;ai soumis le billet précédent à ChatGPT en lui demandant de l&#8217;améliorer. L&#8217;IA m&#8217;a alors suggéré de nombreuses modifications. J&#8217;en ai accepté certaines et j&#8217;en ai refusé d&#8217;autres. Pour les points restants, je suis rentré en « discussion » avec l&#8217;IA pour comprendre son raisonnement et voir [...]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Ce billet est une expérience. J&rsquo;ai soumis le billet précédent à ChatGPT en lui demandant de l&rsquo;améliorer. L&rsquo;IA m&rsquo;a alors suggéré de nombreuses modifications. J&rsquo;en ai accepté certaines et j&rsquo;en ai refusé d&rsquo;autres. Pour les points restants, je suis rentré en « discussion » avec l&rsquo;IA pour comprendre son raisonnement et voir comment on pouvait aboutir à un compromis. Je dois l&rsquo;avouer, l&rsquo;exercice a été bien plus intéressant que ce à quoi je m&rsquo;attendais.  En voici le résultat, les différences, en plus du changement de titre, sont surlignées en gras.</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="535" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535-1.jpg" alt="" class="wp-image-218" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535-1.jpg 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535-1-300x157.jpg 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535-1-768x401.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Depuis <em>Journey </em>et <em>Céleste</em>, on le sait. Dans le jeu vidéo aussi, la montagne ça vous gagne. Atteindre le sommet coûte que coûte et voir au-delà pour mieux se confronter soi-même durant la montée et enfin changer son monde en l’observant de haut. Se joignant à la cordée des jeux de ce concept, <em>Jusant </em>ne se contente heureusement pas de proposer la même ascension et a l’excellente idée de profiter du fait de passer après pour créer cet indispensable « je » jeu qui est sincèrement un autre.</p>



<p>On y incarne donc un héros anonyme accompagné d’un petit volatile à plumes tout aussi mystérieux qui grimpe un mont rempli des habitations, des installations et des souvenirs d’une civilisation disparue. <strong>Notre terrain de jeu est un témoignage vertical, une terre marquée par les empreintes d&rsquo;une population emportée par une tragédie.</strong> Au milieu des ruines sèches se trouvent des lettres qui, si l’on prend le temps de poser la manette pour les lire (ce qui n’est pas obligatoire), nous décrivent de façon assez juste un peuple précédent qui s’est trouvé laminé, mourant à petit feu par l’absence de pluie et donc d’eau, défaitiste face à une catastrophe climatique dont il ne parvient pas à contrôler les conséquences et qui perd peu à peu la mémoire des causes et des normalités.</p>



<p>Disons-le, l’idée scénaristique est excellente et a le bonheur d’être accompagnée par <strong>un gameplay d’escalade qui s’échappe avec sincérité et une liberté presque palpable des sentiers battus et vieillissants d&rsquo;Assassin’s Creed et Uncharted</strong>. Difficile à décrire, plutôt facile à maîtriser, le jeu s’articule manette en main entre la gestion des 2 mains via les gâchettes, de l’endurance et des crochets à poser. Relativement aisé à prendre en main, le jeu s’avère également d’une difficulté paradoxalement peu élevée et accompagne souvent avec justesse le joueur dans son apprentissage. Graphiquement et musicalement également, le jeu s’est bien assuré d’avoir son art né. Son esthétique est cohérente et bossée, sa 3D est agréable, il transpire d’une poésie graphique simple et sincère et l’ensemble musical s’accorde en temps et en genre avec le reste. Enfin, pour conclure, sa fin a l’élégance de venir ni trop tôt ni après épuisement de la personne aux manettes et se déroule harmonieusement.</p>



<p>Vous l’avez toutefois vu, le texte de cette critique continue et c’est donc ici que s’arrêtera cette avalanche de compliments pour enfin attaquer le « mais » principal. Jusant est un jeu qui est sorti trop tôt et son absence de polissage casse beaucoup de ce qu’il réussit à construire par ailleurs. Ce sommet se prête vraiment assez mal à l’immersion.</p>



<p>Le plus embêtant, ce sont les nombreux bugs de collision. En choisissant un gameplay qui dédie une partie de son temps à l’exploration autant de ruines à pied que de façades à la corde, il est anormal de se retrouver aussi souvent coincé dans des éléments de décors. En 5 h, j’ai dû recharger le jeu à 3 reprises ne pouvant plus progresser autrement et je me suis retrouvé plus d’une bonne dizaine de fois incapable de me sortir d’un emplacement bloquant sans m’acharner sur la manette. L’escalade en elle-même se révèle parfois frustrante tant elle souffre également du syndrome du chemin unique où n’est pas toujours bien indiqué ce qui est une prise d’un élément non-interactif.</p>



<p>À ces soucis techniques s’ajoutent d’autres éléments qui viennent briser l’effet de suspension d’incrédulité. Les textes sont écrits dans des polices modernes ultra-utilisées, leurs emplacements ne font aucun sens et leurs découvertes sont donc artificielles et <strong>bien sûr</strong> prétextes pour tenter de porter le joueur sans que ne soit fait aucun réel effort derrière pour transcrire dans le décor ou dans l’atmosphère les désespoirs et les quotidiens décrits. À cela, on pourrait également se plaindre d’un héros messager sans voix ni personnalité qui n’imprime jamais, des séquences globalement répétitives et des tentatives d’importer des séquences poétiques qui sentent la copie ChatGPT de <em>Journey</em>, <em>The Last Guardian</em> ou <em>Shadow of The Colossus</em>.</p>



<p>Jusant est un jeu frustrant car inachevé. Le meilleur qu’il laisse percevoir est d’une sincérité et d’une beauté admirables et l’on sent un travail porté par de réelles ambitions d’écritures poétiques et cohérentes. <strong>Même la jolie et émouvante fin, bien qu&rsquo;harmonieuse, ne parvient pas à compenser totalement ces défauts. Elle clôt une expérience qui, malgré ses moments de grâce, se voit ternie par des choix de conception et des problèmes techniques qui entravent l&rsquo;immersion et la fluidité du jeu. Ainsi, <em>Jusant</em></strong><em> </em>semble réserver ses plus belles nouvelles vagues à une mer en jusant. C’est beau mais c’est trop loin pour être pleinement dedans. </p>
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		<title>Jusant, chef d’œuvre en suspension.</title>
		<link>https://nemotaku.com/2023/12/12/jusant-chef-doeuvre-en-suspension/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nemo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Dec 2023 22:54:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jeu vidéo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis Journey et Céleste, on le sait. Dans le jeu vidéo aussi, la montagne ça vous gagne. Atteindre le sommet coûte que coûte et voir au-delà pour mieux se confronter soi-même durant la montée et enfin changer son monde en l&#8217;observant de haut. Se joignant à la cordée des jeux [...]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="535" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535.jpg" alt="" class="wp-image-213" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-1024x535.jpg 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-300x157.jpg 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1-768x401.jpg 768w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/12/Header-Jusant-1200x627-1.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Depuis <em>Journey </em>et <em>Céleste</em>, on le sait. Dans le jeu vidéo aussi, la montagne ça vous gagne. Atteindre le sommet coûte que coûte et voir au-delà pour mieux se confronter soi-même durant la montée et enfin changer son monde en l&rsquo;observant de haut. Se joignant à la cordée des jeux de ce concept, <em>Jusant </em>ne se contente heureusement pas de proposer la même ascension et a l&rsquo;excellente idée de profiter du fait de passer après pour créer cet indispensable « je » jeu qui est sincèrement un autre.</p>



<p>On y incarne donc un héros anonyme accompagné d&rsquo;un petit volatile à plumes tout aussi mystérieux qui grimpe un mont rempli des habitations, des installations et des souvenirs d&rsquo;une civilisation disparue.  Notre terrain de jeu est la terre verticale d&rsquo;une population emportée par une tragédie dont ne reste que des traces graphiques et des paysages d&rsquo;une aridité constante et presque palpable. Au milieu des ruines sèches se trouvent des lettres qui, si l&rsquo;on prend le temps de poser la manette pour les lire (ce qui n&rsquo;est pas obligatoire), nous décrivent de façon assez juste un peuple précédent qui s&rsquo;est trouvé laminé, mourant à petit feu par l’absence de pluie et donc d&rsquo;eau, défaitiste face à une catastrophe climatique dont il ne parvient pas à contrôler les conséquences et qui perd peu à peu la mémoire des causes et des normalités. </p>



<p>Disons-le, l&rsquo;idée scénaristique est excellente et a le bonheur d&rsquo;être accompagnée par un gameplay d&rsquo;escalade qui se détache sincèrement et de façon presque libératoire des facilités vieillissantes et somnolentes des Assassin&rsquo;s Creed et autres Uncharted dans le domaine. Difficile à décrire, plutôt facile à maîtriser, le jeu s&rsquo;articule manette en main entre la gestion des 2 mains via les gâchettes, de l&rsquo;endurance et des crochets à poser. Relativement aisé à prendre en main, le jeu s&rsquo;avère également d&rsquo;une difficulté paradoxalement peu élevée et accompagne souvent avec justesse le joueur dans son apprentissage.  Graphiquement et musicalement également, le jeu s&rsquo;est bien assuré d&rsquo;avoir son art né. Son esthétique est cohérente et bossée, sa 3D est agréable, il transpire d&rsquo;une poésie graphique simple et sincère et l&rsquo;ensemble musical s&rsquo;accorde en temps et en genre avec le reste. Enfin, pour conclure, sa fin a l’élégance de venir ni trop tôt ni après épuisement de la personne aux manettes et se déroule harmonieusement.</p>



<p>Vous l&rsquo;avez toutefois vu, le texte de cette critique continue et c&rsquo;est donc ici que s&rsquo;arrêtera cette avalanche de compliments pour enfin attaquer le « mais » principal. Jusant est un jeu qui est sorti trop tôt et son absence de polissage casse beaucoup de ce qu&rsquo;il réussit à construire par ailleurs. Ce sommet se prête vraiment assez mal à l&rsquo;immersion. </p>



<p>Le plus embêtant, ce sont les nombreux bugs de collision. En choisissant un gameplay qui dédie une partie de son temps à l&rsquo;exploration autant de ruines à pied que de façades à la corde, il est anormal de se retrouver aussi souvent coincé dans des éléments de décors. En 5 h, j&rsquo;ai dû recharger le jeu à 3 reprises ne pouvant plus progresser autrement et je me suis retrouvé plus d&rsquo;une bonne dizaine de fois incapable de me sortir d&rsquo;un emplacement bloquant sans m&rsquo;acharner sur la manette. L&rsquo;escalade en elle-même se révèle parfois frustrante tant elle souffre également du syndrome du chemin unique où n&rsquo;est pas toujours bien indiqué ce qui est une prise d&rsquo;un élément non-interactif. </p>



<p>À ces soucis techniques s&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres éléments qui viennent briser l&rsquo;effet de suspension d&rsquo;incrédulité. Les textes sont écrits dans des polices modernes ultra-utilisées, leurs emplacements ne font aucun sens et leurs découvertes sont donc artificielles et surtout prétextes pour tenter de porter le joueur sans que ne soit fait aucun réel effort derrière pour transcrire dans le décor ou dans l&rsquo;atmosphère les désespoirs et les quotidiens décrits. À cela, on pourrait également se plaindre d&rsquo;un héros messager sans voix ni personnalité qui n&rsquo;imprime jamais, des séquences globalement répétitives et des tentatives d&rsquo;importer des séquences poétiques qui sentent la copie ChatGPT de <em>Journey, The Last Guardian </em>ou <em>Shadow of The Colossus</em>. </p>



<p>Jusant est un jeu frustrant car inachevé. Le meilleur qu&rsquo;il laisse percevoir est d&rsquo;une sincérité et d&rsquo;une beauté admirables et l&rsquo;on sent un travail porté par de réelles ambitions d&rsquo;écritures poétiques et cohérentes. Malheureusement, la pluie de compliments s&rsquo;avère impossible tant le jeu semble réserver ses plus belles nouvelles vagues à une mer en jusant. C&rsquo;est beau donc mais c&rsquo;est trop loin pour être pleinement dedans. </p>
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		<title>Road 96, des routes, déroute.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nemo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jul 2022 20:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Jeu vidéo]]></category>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="512" src="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/10/image-1024x512-1.png" alt="" class="wp-image-191" srcset="https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/10/image-1024x512-1.png 1024w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/10/image-1024x512-1-300x150.png 300w, https://nemotaku.com/wp-content/uploads/2023/10/image-1024x512-1-768x384.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Au départ de <strong>Road 96</strong>, une idée de voyage séduisante : incarner des adolescent-e-s en fuite pour traverser la frontière ultra sécurisée par un long mur d&rsquo;un pays en voie de dictature et à la veille d&rsquo;une élection présidentielle sous tensions. Avec des rencontres sur les routes gérées en mode procédural, on pouvait s&rsquo;imaginer des tas de choses puis redevenir réaliste (le jeu n&rsquo;a pas un énorme studio derrière) et malgré tout se dire qu&rsquo;avec un tel potentiel, il y a tellement à faire jouer, à dire et à raconter. </p>



<p>Las, quelques heures après l&rsquo;avoir terminé, je ne peux hélas que constater <strong>Road 96</strong> est une belle et réelle déception. Pourtant, contrairement à la victoire de la NUPES aux législatives, j&rsquo;y ai vraiment cru au tout début.</p>



<p><strong>Moments de grâce</strong></p>



<p>Commençons toutefois par le positif : la B.O du jeu DEFONCE. La chanson principale du jeu a ce qu&rsquo;il faut de mélancolie et de cool attitude pour évoquer avec sincérité l&rsquo;image d&rsquo;une fugue adolescente. Surtout la musique fait vraiment parti du voyage car le jeu nous offre une sous quête fil rouge de recherche des K7 des chansons du jeu dans les décors, les véhicules ou les boutiques. Le jeu en vaut la chandelle car si de manière générale la musique est excellemment calée, on rencontrera très souvent des lecteurs K7 qui permettent à la joueuse ou au joueur de choisir la chanson qui correspond à ce qu&rsquo;il ou elle souhaite ressentir à ce moment là. </p>



<p><strong>Road 96</strong> est un jeu sensoriel et c&rsquo;est sa plus grande qualité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Road 96 - The Road by Cocoon" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/Dr8tcS-G5G4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs par ses passages les plus agréables, ses symboles les plus sincères, tous ses moments de grâce où <strong>Road 96</strong> parvient à faire un peu oublier ses graphismes limités (le jeu est très vide) et ses contrôles un peu savonnettes pour permettre au joueur d&rsquo;apprécier l&rsquo;instant et d&rsquo;être en empathie avec son personnage du moment que le jeu est le plus émouvant et le plus beau. </p>



<p>Par sa capacité à faire ressentir une certaine poésie dans le mélange d&rsquo;excitation, de fatigue et de stress du voyage, <strong>Road 96</strong> a saisi l&rsquo;importance des petits moments et de la construction d&rsquo;ambiance. Si il a la sale manie de parfois gâcher ça avec des changements d&rsquo;ambiance ou de gameplay assez brutaux, il a été porté une attention importante à nous faire comprendre ce qu&rsquo;une société violente inflige à ses individus et particulièrement à sa jeunesse. </p>



<p>Il a également été travaillé, et ça sent, pour que son rythme soit bon et que la génération procédurale tienne à minima&#8230; la route.  On ne se retrouve que très rarement dans un sentiment de répétition et l&rsquo;enchaînement de petites séquences donne au jeu un effet carnet de voyage des plus agréables tout en permettant de lâcher la manette régulièrement. </p>



<p>Mais tout ça est largement gâché par une habitude insupportable qui sera le fil rouge de cette critique : le jeu ne va jamais aller au bout de ses idées, d&rsquo;aucune.</p>



<p><strong>Absentes tensions</strong> </p>



<p>Mettons les pieds dans le plat tout de suite, et croyez moi que ça ne me fait vraiment pas plaiser de le dire tellement j&rsquo;ai envie qu&rsquo;un bon jeu politique de plus existe, mais le scénario ne fonctionne vraiment pas. Mais alors pas du tout. Et ne voyez pas là que le political junkie frustré qu&rsquo;est votre serviteur car le problème n&rsquo;est pas uniquement dans le propos politique simpliste. </p>



<p>Le principal souci pour <strong>Road 96</strong> est que l&rsquo;écriture reste constamment à la surface des choses et ne réussit jamais son pari de transformer Petria en un pays crédible ou attachant pas plus qu&rsquo;il ne convainc par le background ou le développement de ses quelques personnages principaux. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Road 96 - Home Call by The Toxic Avenger" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/VpYwKVDWdLc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Parodie critique ratée mais surtout terriblement fainéante des USA, <strong>Road 96</strong> échoue à convaincre car il se refuse de prendre le moindre risque. Nos personnages sont censées risquer leurs vies dans cette fugue vers la liberté mais jamais le jeu ne saisit de la gravité de ses enjeux.</p>



<p>Tout n&rsquo;est que petit pas d&rsquo;un côté puis de l&rsquo;autre comme si il y avait personne pour assumer ce qui a été crée. </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en scène une élection sous tension ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Faire ressentir les dessous d&rsquo;un pays qui évolue ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Développer une histoire familiale à tous les adolescents ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Créer une ambiance avec du semi-fantastique ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Planquer des petits trucs cachés ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Avoir un propos sur les violences policières ? Oui mais pas trop. </li>



<li>Proposer des mini jeux ? Allez hop mais pas trop.</li>



<li>Écrire des personnages avec une backstory émouvante ? Oui mais pas trop. </li>



<li>De l&rsquo;humour ? Un petit peu mais surtout pas trop.</li>
</ul>



<p><strong>Le paradoxe est qu&rsquo;il s&rsquo;agit au final d&rsquo;un jeu à choix qui n&rsquo;en fait jamais vraiment lui même.</strong> Chaque idée avancée est immédiatement modérée ou tempérée par un élément scénaristique ou de gameplay tiédasse. A ces frustrations s&rsquo;ajoutent le fait que, pensé à la base pour une souris, le jeu ne fait pas de réel effort pour s&rsquo;adapter à une manette et que, comme trop souvent pour le genre, les choix effectués par le joueur n&rsquo;ont pas de réel intérêt.</p>



<p><strong>Facilités et lâchetés.</strong></p>



<p>Conséquences de ces facilités et de ces lâchetés, le jeu souffre alors d&rsquo;un énorme problème d&rsquo;incarnation. Alors qu&rsquo;on est censé assister aux récits d&rsquo;une succession de jeunes fuyant le pays, <strong>Road 96 </strong>ne se positionne jamais sur une question d&rsquo;écriture centrale : quelles sont les raisons profondes, personnelles ou sociales, de leur fugue du pay. Est ce la misère économique ? la répression policière ? la censure médiatique ? On en aura qu&rsquo;au mieux une vague idée et bien souvent le jeu nous laisse là avec ses méchants très méchants, ses gentils très gentils et ses platitudes. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Road 96 - Far From Home by Daniel Gadd" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/wW2YtSRYB5E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Comme l&rsquo;Union Européenne, <strong>Road 96</strong> s&rsquo;est construit son univers sans  son peuple ni sa société civile. Et notre périple ne rencontre que véhicules et lieux désertiques fréquentés en boucle par les quelques personnages récurrents mais jamais une seule ville, une seule manif ou une seule prison. Pétria est une nation vide de vies et on a rarement eu une aussi mauvaise définition de faire campagnes.</p>



<p>Ces absences auraient pu être pardonnées si les personnages principaux avaient su être développés mais ce n&rsquo;est pas le cas. Les incohérences sont légions (la police enlève et frappe des adolescents sans réelles réactions, il ne semble exister qu&rsquo;une seule chaîne d’État pour toute presse, l&rsquo;échelle des prix est insensée, la dictature semble évidente mais les élections et des sondages libres existent, &#8230;) , les hasards de scénario sont risibles (tout le monde semble se trouver toujours où il faut) et on ne se sent jamais vraiment investis par ces destinées qui se veulent mélanges de l&rsquo;intime et de l&rsquo;Histoire car elles se révèlent faussement complexes par la nécessite d&rsquo;une narration soumise au gameplay rogue-like. Si certains personnages peuvent toutefois attirer l&#8217;empathie (Alex) ou sont vraiment bien mis en scène (Jarod), les interactions sont toutefois globalement trop caricaturales ou naïves pour tenir&#8230; la route. </p>



<p>L&rsquo;insupportable est au plus haut notamment avec Sonya, présentatrice de propagande pro-dictateur que le jeu essaye de nous vendre comme une figure complexée et comme une victime alors que c&rsquo;est totalement incohérent. Même chose pour un duo de braqueurs très malaise tv.</p>



<p>Au final, <strong>Road 96</strong> est comme la campagne et le programme d&rsquo;Hidalgo en 2022. Il manque plusieurs années de travail pour que ce soit à la hauteur des ambitions et des possibilités. C&rsquo;est une accumulation maladroite et sans consistance globale de demi-idées combinée à un casting de personnage qui va du désastreux au semi-sympathique. La fin oubliable et ses 3 endings qui ne concluent pas grand chose ne surprendra donc personne. </p>



<p>Le fait qu&rsquo;un des rares jeux vidéo qui se tâtait de vouloir parler (un peu) directement de politique soit loupé m&#8217;emmerde profondément mais je vous conseillerais quand même de l&rsquo;essayer, il est en ce moment dans le Game Pass et vous serez très probablement moins dur que moi. Au pire on en retiendra la musique, qui je le répète DEFONCE, ce qui terminera malgré tout cet article sur de bonnes notes.</p>
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